"Not All that Jazz"

Compte-rendu Wayne Shortet Quartet, 30 juin 2015 @ Maison Symphonique…

In Compte-rendu on 20 décembre 2015 at
Jazz moderne à la Maison Symphonique

Pour la 3e fois en 4 ans, le Wayne Shorter Quartet avait rendez-vous avec les festivaliers montréalais. La magie allait-elle opérer de nouveau ?

Joey Alexander, 30 juin Maison symphonique, 19h

La tâche d’ouvrir la soirée revenait au pianiste Joey Alexander. Tout à fait seul sur la grande scène, il débuta par deux compositions originales, « Solitary Mood » et « Ma Blues ». Puis il joua les deux classiques « My Favorite Things » et « Footprints », que l’on retrouve sur son disque My Favorite Things (Motema, 2015). Son style est relativement blues, et il improvise adéquatement autour de lourdes notes déposées par la main gauche. En fait, c’est sa main gauche que je remarque tandis qu’il varie la mélodie de la droite. Un peu de blues, un peu de jazz plus abstrait, beaucoup de mainstream assez up-tempo. Il prend une longue pause entre les morceaux, s’adresse à la foule nerveusement. C’est que le garçon n’a que… 12 ans ! Il est impressionnant de voir un musicien si jeune se produire dans un festival de cette envergure et sur une scène aussi prestigieuse. Le garçon possède tout le talent nécessaire afin de devenir un bon pianiste jazz. Par contre, il faudra attendre avant de voir un artiste ayant développé un style original et une maturité artistique. Cela viendra peut-être. Première partie correcte, étant donné l’âge du musicien.

Wayne Shorter Quartet, 30 juin, Maison symphonique, 20h15

Le quartet arriva sur scène sans présentation, et il peut bien s’en passer. C’était la 3e fois que je voyais le groupe, et je crois avoir souffert des deux premières, en ce sens que j’étais plus loin sur le parterre et que je fus donc moins happé par la force de leur musique. La première fois, j’étais à la première rangée, je réalisais presque un rêve. La deuxième, j’étais assis à la deuxième rangée, au cours d’une longue soirée anniversaire avec 3 groupes… L’effet de surprise était donc dissipé dans mon cas pour cette troisième soirée. J’ai cru entendre des thèmes que l’on retrouve sur Without a Net (Blue Note, 2013).

Néanmoins, ce fut un concert à l’image d’un quartet unique dans l’histoire du jazz. Un torrent tranquille derrière des tourbillons enivrants. Des montées lyriques et émotives prenantes, entrecoupées de longs passages abstraits et modernes. La première pièce dura facilement plus de 40 minutes ! On parle d’un jazz écrit par endroit, laissant la place à la surprise, aux variations rhytmiques, aux intenses improvisations. Shorter jouera du saxophone ténor et soprano (je le préfère au soprano). Il colore les pièces, étire les notes, parsème de petites phrases bien placées. Une musique noire, cérébrale, ponctuée d’attaque féroce de Brian Blade et enrobée dans la présence rassurante de Patitucci. Il soude l’ensemble. Voilà certes un super contrebassiste.

Aucun autre groupe ne produit ce genre de jazz. Difficile à décrire, un mélange de modernité, de lyrisme inquiétant, de free jazz, d’abstraction, de pesanteur. On ne comprend pas tout, mais on se laisse transporter. Reste que j’ai vu beaucoup de personnes quitter après le premier morceau, et pendant le reste de la soirée. Ce constat parle de lui-même.

C’était peut-être moins magique pour moi. Wayne Shorter Quartet demeure toujours inspirant, mais je crois qu’on arrive à la fin d’un cycle…

-Maxime Bouchard

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