"Not All that Jazz"

Compte-rendu Uri Caine, 5 juillet 2015 @ Gesù…

In Compte-rendu on 20 décembre 2015 at

Le festival de jazz se terminait dimanche soir par la prestation solo du pianiste américain Uri Caine. Notamment connu pour son hybridation de la musique classique et jazz, il possède un indéniable talent lorsqu’il performe seul. Fort de son plus récent disque solo, Callithump (Winter & Winter, 2014), il revenait à Montréal après nous avoir présenté son projet autour des Variations Goldberg il y a quelques années. Notons que son concert n’avait rien à voir avec la matière de Callithump, où l’on retrouve des compositions originales.

Uri Caine, 5 juillet, Gesù, 22h30

Pour sa performance de dimanche soir, il joua presque dans l’anonymat festivalier (moins de 80 personnes ?). Sans flafla, il arriva sur scène, salua la foule, et entama ce qui allait être une brillante démonstration pianistique, une véritable leçon de piano. En 1h30, il nous démontra toute l’étendue de sa palette, en préconisant un jeu beaucoup plus jazz que classique. On pourrait situer son style proche de Sylvie Courvoisier, Irène Schweizer, Marilyn Crispell, mais avec des touches américaines comme Art Tatum et Bud Powell.

Il débuta le concert avec du Fats Waller (« Honeysuckle Rose »), pour ensuite enchaîner vers Mozart dans une subtile transition. Puis un long segment fut réservé à la musique de son projet autour de Gustav Mahler. Suivra, entre autres, une version de « It Don’t Mean a Thing », « Blackbird » des Beatles, « Someday My Prince Will Come » et « Maple Leaf Rag », de Scott Joplin. Ceci dit, il improvise largement, n’a pas de partition (peut-être un petit setlist dans sa tête ?). Ce n’est pas tant free que classique… plutôt du néo-classique-free-swing ? Un jazz plutôt carré, musculaire, expressionniste.

Uri Cain joue rapidement, on reconnaît les influences du stride et du rag time dans son approche. C’est parfois assez swing, bop, avec une main droite hallucinante aux propensions percussives. C’est un style de piano jazz soutenu, où beaucoup de notes sont jouées à la minute. Il couvre l’ensemble du clavier, ne daignant pas quelques mesures atonales. Il citera plusieurs œuvres (classiques comme jazz), sans pour autant tomber dans le pastiche. Voilà un pianiste vigoureux, assez originale, proposant un jazz sur le qui-vive accaparant l’attention. On ne regarde pas sa montre, mais on se laisse surprendre par l’imagination du pianiste, son caractère encyclopédique, sa gymnastique à cheval entre deux héritages, jazz américain et classique européen.

Nous étions peu nombreux, mais il y avait quelques visages de la gang que je croise à la Sala Rossa. De fins connaisseurs qui rapporteront le souvenir d’un très belle vision du piano solo offerte par un pianiste hors-norme.

-Maxime Bouchard

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