"Not All that Jazz"

De l’expérimental au jazz-rock, c’est L’OFF Jazz…

In Uncategorized on 18 octobre 2014 at

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J’étais de retour vendredi 10 octobre à la Sala Rossa pour un autre « double bill » à l’OFF Festival de jazz. J’étais surtout intrigué par le groupe d’Andy King, mais avant, il y avait le Thom Gossage Other Voices.

Thom Gossage Other Voices, 20h, Sala Rossa

J’avais un peu oublié c’était quoi le Other Voices de Thom Gossage… Ce ne fut pas long pour que ça me revienne. Voilà une musique expérimentale où le groove et la métrique fixe sont relativement expurgés, un jazz à classer du côté expérimental.

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Le groupe est formé de Thom Gossage à la batterie, aux percussions et à la composition, Steve Raegele à la guitare, Adrian Vedady à la contrebasse, Rémi Bolduc au saxophone alto, et Frank Lozano au saxophone ténor et saxophone soprano.

La musique qu’il propose est très écrite, les musiciens s’appuyant largement sur les compositions. Ces dernières sont un prétexte à l’expérimentation texturale et ultimement à l’improvisation plutôt codifiée… On souffle de longues notes, on gratte, on frappe sur la batterie de manière saccadée, on utilise le kalimba, du bidoullage, on colore à la guitare, on use des pédales, du reverb… Il s’en dégage alors un tapis sonore sans réel relief, sans motif évident, sans climax… On ne tape pas du pied. Bref, ce n’est pas une musique facile d’approche, mais plutôt austère, froide.

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L’énergie grimpa quelques fois, notamment sur le dernier morceau, « Black and The White », mais essentiellement le jeu d’ensemble ne suggère pas vraiment de « hooks », ni de thèmes précis. Cela peut déconcerter, car l’auditeur n’a pas de repère, ni d’accroche, tout est en retenue. Une musique ténébreuse, abstraite, qui ne fait pas dans le beau pour le kick de plaire. C’est à prendre ou à laisser. Après une heure, je laisse…

Andy King Group, 21h30, Sala Rossa

À 21h30, changement de garde total… Public plus jeune, musiciens d’une autre génération et approche complètement différente. Le Andy King Group se pointait avec son premier album sous le bras, Modern Fiction. Je ne connaissais pas son leader trompettiste, Andy King. Voilà chose faite, ce fut positif. On peut lire qu’il a joué avec Bernard Adamus, Nikki Yanofsky, The Barr Brothers, Christine Jensen Big Band, Joe Sullivan Big Band, dans la comédie musicale Hairspray…

Ce qu’il propose avec son groupe est d’un tout autre registre. À mettre dans le rayon du jazz-rock-progressif-fusion. Pendant le concert, j’ai pensé à John McLaughlin, Cuong Vu, Erik Truffaz. La formation suggère aussi certaines aventures de Miles Davis des années 70.

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Nous retrouvions Andy King à la trompette et au cornet, David Bellemare au saxophone ténor, Nicolas Ferron à la guitare, Fraser Hollins à la contrebasse, Alain Bourgeois à la batterie et Éric Breton aux percussions.

Dès de le départ, la pédale fut au plancher avec une énergie brute palpable, sur une composition up-tempo. Les titres s’enchaînèrent ensuite dans une rare intensité : “Insomnia“, “Spectrum“, “Inside Job“, “Time Traveler“ (pour Jan Jarczyk), “Modern Fiction“ (longue suite en 5 mouvements). Le son était fort, comme dans un concert rock, les percussions brouillant trop souvent le mixte.

La cohésion du groupe est manifeste, le plaisir évident. C’est un jazz furieux, très moderne dans sa facture. avec quelques brisures rythmiques et plusieurs effets de réverbération, tant chez le saxophone que la trompette et la guitare. Il y a de la place pour les solos, sans jamais qu’ils ne soient trop longs. Les compositions se distinguent les unes des autres, tout en gardant la patte de King. J’ai beaucoup aimé le travail de Fraser Hollins, force tranquille. Notons aussi l’implication de Bourgeois à la batterie. Physiquement, sa guestuelle démontre à quel point il est dans la musique.

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Il faut aimer le jazz rapide aux accents rock pour s’y retrouver, car ça décoiffe. Ce n’est pas du nouveau, c’est un jazz que l’on peut entendre ailleurs, mais cette voix peut trouver sa place. Bien hâte d’entendre ce que ça donne sur disque. Un groupe à surveiller.

*Andy King Group a remporté le prix François Marcaurelle décerné au groupe s’étant le plus distingué durant L’OFF Jazz 2014…

-Maxime Bouchard

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