"Not All that Jazz"

compte-rendu de: French-American Peace Ensemble, 13 juin 2013, Sala Rossa…

In Compte-rendu on 14 juin 2013 at

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Jazzer en paix…

The French-American Peace Ensemble, 13 juin 2013, Sala Rossa, Montréal…

En sortant de la Sala Rossa j’aurais pu prendre mon vélo et monter le Mont-Royal tellement j’étais sur un high ! Le gros sourire toé chose, fou comme un balai. Je revenais de mon meilleur concert jazz de 2013, by far ! J’en ai même rêvé durant la nuit, la musique résonnait encore dans ma tête, ça roulait mon ami, je me croyais au Five Spot dans mes couvertes…

La salle était pleine pour la première mondiale du French-American Peace Ensemble avec Louis Sclavis à la clarinette basse, Kidd Jordan au sax ténor, Hamid Drake à la batterie, William Parker à la contrebasse et François Tusques au piano. Comment se fait-il que je ne connaissais pas ce dernier ? Voilà la beauté du jazz et de la musique, quoi !? De la vie en général, il y en a toujours à découvrir, même lorsqu’on croit connaître son sujet de fond en comble…Désespère pas, reste ouvert, écoute et sois prêt.

Première mondiale car c’était le début d’une tournée pour ce quintet formé sous l’impulsion de William Parker. C’était la première fois qu’ils jouèrent tous ensemble, rendant ainsi la chose d’autant plus spectaculaire. Voilà la force des grands jazzmans, des grands musiciens. Cette capacité d’ouverture à la rencontre, la connexion presque instantanée des esprits et univers musicaux pour la création brute en direct et sans préparation, au delà du langage.

La soirée débuta par la présentation du court film documentaire David S. Ware : A World of Sound d’Amine Kouider. Placée ainsi sous l’égide du grand saxophoniste, la table était mise pour une soirée d’improvisation féroce dans un contexte de jazz contagieux. Une fois les musiciens installés, Sclavis et Parker partirent le bal tranquillement en duo avant d’être rejoints par leurs collègues quelques minutes après. Le premier morceau et set dura 50 minutes, la pédale au plancher aux environs de la 20e. On sentira l’implication des artistes, le sourire de Drake et Parker, l’énergie de Jordan, la chaleur de Sclavis, la précision de Tusques, la joie d’être là tout simplement.

C’est un jazz référencé, très années 60, New Thing, Spiritual Jazz, soul, bluesy. Les références à Coltrane sortiront naturellement chez le saxophoniste (A Love Supreme) tandis que le pianiste penchera parfois du côté de Monk et de McCoy Tyner. C’est direct dans mes cordes tout ça ! Les deux solistes les plus sollicités seront Sclavis et Jordan. Ce dernier semble être possédé d’une énergie inépuisable. Sont registre est large, il ratisse vers Albert Ayler, se tourne vers le batteur, enchaîne avec un motif en le regardant comme pour lui indiquer vas-y prend ça et joue avec !

Le deuxième set commencera sur une touche caribéenne très joyeuses avant de se transformer à mi-parcours en un back-beat de feu par Drake, à la limite funky. La progression est fantastique. Ici du Elvin Jones, là du Art Blakey, la souplesse de son jeu est sans pareil. Sans se tromper, l’on peut affirmer que le duo Drake-Parker est la combinaison la plus jouissive du jazz pour l’élasticité, l’originalité et le groove constant qu’ils dégagent ensemble.

Et c’est ici que les phrases s’arrêtent…Difficile à trouver sont les mots pour décrire cette charge émotive. Je retournai chez moi en pédalant, l’âme en paix…

The French-American Peace Ensemble, 13 juin 2013, Sala Rossa, Montréal…

William Parker, contrebasse, from The Bronx

Hamid Drake, batterie, from Chicago

Louis Sclavis, clarinette basse, from France

Kidd Jordan, saxophone ténor, from Louisiana

François Tusques, piano, also from France…

-Maxime Bouchard

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