"Not All that Jazz"

En très bref, journal d’écoute des dernières semaines part II…

In Journal d'écoute/Critique de disque on 31 mai 2012 at

Mary Halvorson Quintet, Bending Bridges

Marc Hannaford, Sarcophile

Marc Hannaford, Ordinary Madness

Dennis González Yells at Eels + Alvin Fielder, Resurection and Life…

Elliott Sharp Trio, Aggregat…

 

Mary Halvorson Quintet, Bending Bridges, Firehouse 12, 2012; ****

J’ai découvert la guitariste Mary Halvorson avec son excellent album Saturn Sings (Firehouse 12, 2010).  Je fus charmé et happé dès les premières mesures. Voilà une guitariste ayant un son et une perspective bien à elle des possibilités que lui offrent son instrument. Bending Bridges est en quelque sorte la suite de Saturn Sings puisqu’il réunit les mêmes musiciens autour de compositions savamment arrangées. La clé de cet album réside dans les textures complexes des compositions. Il se passe beaucoup de chose, il y a plusieurs lignes derrière les mélodies tandis que la guitare est au centre de tout cet univers. Cependant, rien n’est trop chargé ni trop cérébral, on repère des émotions notamment dans les puissantes improvisations dispersées ici et là. Peut-être moins original que son prédécesseur, n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un disque de qualité supérieur qu’il faut savourer souvent car source de bonheur !

Avec: Mary Halvorson, Jonathan Finlayson, Jon Irabagon, John Hebert, Ches Smith….

Marc Hannaford Trio, Sarcophile, Marchon, 2012; ***1/2

Solide effort en trio du jeune pianiste australien Marc Hannaford. Les compositions sont enlevantes, dynamiques, très brutes et prenantes. L’improvisation demeure tout de même très présente notamment dans les morceaux plus longs. Les ambiances se développent lentement avant d’atteindre de bons sommets émotifs. Ça reste un jazz à mi-chemin entre le trio classique ou celui vraiment out-there. La musique composée pour ce disque fait suite aux recherches de Hannaford concernant le compositeur Elliott Carter. Il s’agit d’un pianiste à surveiller sans crainte !

Avec: Marc Hannaford,  Sam Pankhurst, James McLean…

Marc Hannaford, Ordinary Madness, Marchon, 2012; ****1/2

Un quintet entre en studio puis enregistre de la musique sans itinéraire précis. Quelques heures plus tard, cela nous donne trois longs morceaux (27, 30 et 19 minutes). Tout ce qu’on désire d’une longue séance d’improvisation est ici présent. Du jeu de groupe, des solos percutants, des montées, des descentes, des harmonies, un peu de dissonance, des écarts de conduite, des conflits, des résolutions. Rien ne presse évidemment, l’enregistreuse roule, ne suffit que de jouer, mais pas n’importe quoi ni n’importe comment. Une belle symbiose est ici à l’œuvre dans cette musique résolument abstraite, mais combien réjouissante car parfois très intense ! Comme un conte de la folie ordinaire…

Avec: Marc Hannadord, Tim Berne,  Scott Tinkler, Simon Barker, Phil Rex…

Dennis González Yells at Eels + Alvin Fielder, Resurection and Life, Ayler, 2011; ****

Une autre excellente proposition de Dennis González et son groupe « familial » Yells at Eels. Pour cette occasion, la formation est rejoint par le légendaire batteur Alvin Fielder, membre fondateur du AACM. Gravement malade en 2009, ce dernier a néanmoins reprit du mieux, faisant de cet album un véritable témoignage de son retour à la vie. Côté musique c’est une joie pure et simple qui s’en dégage. Tempo rapide, interpolation, gros son de contrebasse bien gras, vibraphone magnifiant dans un style free-bop décadent et suspendu ! Un son rappelant les héritages du Sud, de la Nouvelle-Orléans et par la bande Chicago. Du beau travail…

Avec: Alvin Fielder, Dennis González, Gaika James, Aaron González, Stefan González…

Elliott Sharp Trio, Aggregat, Clean Feed, 2012; ***1/2

Plus souvent entendu à la guitare, Elliott Sharp sort son saxophone sur cette session trio de bon goût. On parle de jazz relativement relâché, quelque peu mélodique, voir bop, un peu free sans tomber dans une avant-garde trop revancharde et fermée. Alternant entre la guitare (les explorations sonores seront plus intrigantes à ces moments) et le saxophone (soprano et ténor), nous avons alors le plaisir de découvrir les multiples facettes de Sharp. Parfois ça arrache, parfois c’est doux…Ches Smith est brillant à la batterie avec sa palette et sa technique à la limite minimaliste tout en nuances…

Avec: Elliott Sharp, Ches Smith, Brad Jones…

-Maxime Bouchard

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