"Not All that Jazz"

En bref, quelques albums en journal d’écoute…

In Journal d'écoute/Critique de disque on 27 janvier 2012 at

du bon gros sax !!!

Greg Ward, Phonic Juggernaut

Matana Roberts, Live in London

Albert Ayler, Stockholm, Berlin 1966

Marty Ehrlich’s Rites Quartet, Frog Leg Logic

Greg Ward, Greg Ward’s Phonic Juggernaut, Thirsty Ear, 2011; ***1/2

Je ne connaissais pas ce saxophoniste américain (Chicago) né en 1982. Il s’agit d’une jolie découverte en terme d’intensité, de risque et de pureté du son (il joue du sax alto). Sur cet album en trio, il est flanqué de Joe Sanders à la contrebasse et de Damion Reid à la batterie. Ce dernier est littéralement partout sur le disque avec sa technique polyrythmique poussant les deux autres musiciens dans des recoins parfois très brutes. L’énergie est proche du post-bop énervé, un brin soul, avec des thèmes et motifs (ce sont des compositions originales de Ward outre Sectionate City d’Andrew Bird, pièce tendance électronica traitée par ordinateur, en décalage du reste de l’album). De plus, il y a une belle attitude libre dans les improvisations. Certains pourrait reprocher le caractère disparate et « in your face » de Reid, mais moi j’ai beaucoup aimé les back-beat funcky ou carrément rock. Le tempo général est relativement rapide, mais le trio sait ralentir la cadence afin de nous offrir une chaude pièce mid-tempo savoureuse (Velvet Lounge Shut-In). Saxophoniste à suivre de près dans les prochaines années.

Matana Roberts, Live in London, Central Control, 2011; ***1/2

Album en quatuor enregistré @ The Vortex de Londres en 2009 pour la BBC Jazz on 3. Belle énergie canalisée dans des pièces parfois méditatives ou plutôt free (influences Ornette Coleman et John Coltrane). L’on prend bien son temps (lire ce n’est pas dans le tapis) afin de circonscrire les atmosphères et d’étendre les improvisations par un bon jeu d’ensemble et quelques forts solos de Matana et de Robert Mitchell au piano. Roberts s’est entourée de musiciens britanniques pour ce concert tout en s’appuyant sur ses propres compositions (4) et une de Frankie Sparo (My Sistr ouvrant le disque pour 27 minutes) et une de Duke Ellington (Oska T.) Le quatuor n’a pas eu le temps de répéter avant le concert insufflant ainsi un caractère imprévisible au programme tout en imposant Roberts comme moteur principal à la musique.

Albert Ayler, Stockholm, Berlin 1966, HatOlOGY, 2011; ****

Quoi !? Du nouveau matériel d’Albert Ayler, c’est la joie ! La première fois que tu entends Albert Ayler ça reste en mémoire, ça te touche, malgré ses limitations techniques. Ce fut mon cas. J’aime y revenir afin de m’imprégner du caractère très soul, gospel, spirituel de sa musique, de sa démarche. Ce nouvel album va à l’essence d’Albert Ayler ici presque à son apogée en présentant deux concerts distincts, dont un inédit jusqu’ici (celui de Stockholm ouvrant le disque).  Les deux concerts offrent le même menu, nous permettant ainsi d’apprécier les nuances d’un soir à l’autre dans l’interprétation des morceaux. Ceux-ci tournent autour des thèmes récurrents de l’œuvre d’Ayler (Our Prayer, Bells, The Truth is Marching In…). Hymnes, prières, marching band, stream of consciousness…Le quintet comprend Donald Ayler à la trompette, Michel Samson au violon (touchant et très efficace en lien avec le sax), William Folwell à contrebasse et Beaver Harris à la batterie et la prise de son est de bon niveau.

Marty Ehrlich’s Rites Quartet, Frog Leg Logic, Clean Feed, 2011; ****

Autre produit de qualité de chez Clean Feed. La spécificité du quatuor du saxophoniste Marty Erhlich réside dans la qualité des compositions originales du leader (ayant comme mentor Julius Hemphill) et la présence agréable d’un violoncelle. L’approche adoptée par les compositions fond le blues et le free-bop en de suaves mélodies « catchy ». Plus proche de la « tradition » que de l’avant-garde, nous avons un jazz où le tempo est variable dans une essence ne rebutant jamais le lyrisme. C’est du même coup très groovy, robuste tout en affichant une ligne « jazz de chambre ». Ajoutez à cela quelques bonnes improvisations des musiciens et vous avez une combinaison gagnante, décomposable dans les deux sens ! Avec Marty Ehrlich au sax alto et flûte, James Zollar à la trompette, Hank Roberts au violoncelle et Michael Sarin à la batterie.

-Maxime Bouchard

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