"Not All that Jazz"

Compte-rendu, Ari Hoenig Lines Of Oppression, 21 octobre 2011, à L’Astral…

In Compte-rendu on 24 octobre 2011 at

On pensait que ç’allait être fantastique, ce ne le fut pas…

Je vais vous parler brièvement de ma soirée de vendredi à L’Astral. C’était la première fois que je voyais les musiciens du quatuor. Oh oui j’avais entendu parler de Tigran Hamasyan comme étant la 7e merveille du monde pianistique (on va se calmer les nerfs !), oui j’avais écouté l’album Lines Of Oppression avant le concert…mais si le groupe avait terminé sa prestation après seulement le premier set, l’on aurait pu crier à l’arnaque, car c’était ordinaire. Le premier set dura 1 heure pour 4 titres, principalement tirés du nouvel album Lines of Oppression (Naïve, 2011). Il y avait foule, il y avait attente (le concert originalement programmé à 20h, débuta à 21h05, va savoir pourquoi).

En guise d’introduction Hoenig annonça qu’il s’agissait du premier concert de la tournée, c’était la première fois que les musiciens se retrouvaient après avoir enregistré l’album il y a un an…Résultat ? Un manque flagrant de cohésion, des musiciens sur leur garde, un manque de folie et une retenue certaine. Il aura fallu attendre une demi-heure avant de voir et d’entendre quelques étincelles. C’était déjà le 3e morceau du set, c’était Rhythm-A-Ning de Thelonious Monk. Les musiciens se regardaient beaucoup, semblaient se chercher, ils attendaient les signaux du batteur. C’est drôle à dire, mais ça manquait de rythme…dans un show avec le batteur comme leader, c’est, comment dirais-je, étrange…

Ce dernier est un batteur vraiment particulier. Entre le batteur de free-jazz pas assumé et le batteur de free-bop. Dans une même pièce il alternera plusieurs styles, le tempo n’étant jamais vraiment fixe. Il est certes doué, mais à en faire trop il risque de s’égarer. Surtout dans ce contexte, il clash avec les autres dans une certaine incohérence. Ses compagnons sont tous des musiciens de fort calibre. Le guitariste (Gilad Hekselman) sans péter la baraque possède un son mince et léger, agréable, dans la tradition des guitaristes jazz (on préfère Adam Rogers ou Lage Lund). Il prendra quelques solos qui s’effaceront rapidement de notre mémoire. Le contrebassiste (Chris Tordini) ayant l’air très sérieux, n’aura pas de très longs solos. Par contre, il assume sa tâche avec professionnalisme. Son meilleur groove sera sur le dernier titre du premier set, la pièce Ska, avec des relents reggae et funky.

Le pianiste maintenant. Presque ovationné dès le début du spectacle il est ici dans un territoire qui n’est pas encore véritablement le sien, c’est-à-dire membre d’un groupe duquel il n’est pas le leader ni la force brute. On ressent beaucoup de talent et de qualité chez lui. Il a un pouvoir d’attraction indéniable. Parfois, il jouera seulement de la main droite en accompagnement. Parfois, sa main viendra pincer les cordes directement dans le piano. Il aura la chance de briller sur la reprise de Moanin de Bobby Timmons (pièce se trouvant aussi sur le disque). Très rapide de la main droite, il enchaînera les chorus de manière inventive et réjouissante. Enfin, mais nous étions déjà loin dans le concert malheureusement. Moanin sera introduite de façon amusante par Hoenig sur le thème de The Godfather, c’était bien. Avant le rappel, ils jouèrent la pièce que je considère la meilleure sur l’album, Arrows and Loops. Possédant un joyeux thème saccadé, c’est une pièce rapide et relativement exigeante pour les musiciens. Le concert finissait fort. Hoenig est revenu par la suite jouer en solo un classique folk que je ne connaissais pas. Il aime mettre son coude sur ses peaux…

Ari Hoenig Lines Of Oppression, 21 octobre 2011 21h, à L’Astral

avec: Tigran Hamasyan (piano), Gilad Hekselman (guitare), Chris Tordini (contrebasse), Ari Hoenig (batterie).

-Maxime Bouchard

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