"Not All that Jazz"

Compte-rendu, Roy Hargrove et Chris Potter Underground, au Spectrum ! 2 et 4 mars 2007

In Compte-rendu on 13 octobre 2011 at

Un vieux compte-rendu retrouvé dans mon ordi…(avec sans doute des fautes d’orthographes, pardon…en traitement)

2 et 4 mars 2007,

 

 

2 concerts en plus

 

Premier set

 

C’est la fin de la relâche pour moi, fin février, cours mois, début mars, long dernier droit. Il faut se remuer, pas que la mi-session fut l’occasion extrême de relaxer, mais du moins cela nous a permis de s’évader quelque peu de l’université, de ce campus bizarre rue Sherbrooke. Je suis malgré tout positif car cette semaine rime avec jazz cette année. Montréal en Lumière me gâte un peu, 2 concerts en autant de jour, cela n’arrive pas nécessairement souvent en plein hiver. C’est au Spectrum de Montréal que nous sommes conviés afin de nous réchauffer en compagnie d’artistes New Yorkais, ça promet.

Pour le premier concert, mercredi, je n’ai pas réellement d’attente. Roy Hargrove que je connais un peu, mais avec ses albums des années 90, puis avec un album du RH Factor, le disque qui me l’a fait connaître. Par-contre, la formation présente à Montréal est un quintet mainstream, pas de simili Hip Hop, ni de sampling ou quoi que ce soit. Avant le spectacle, je vais souper avec ma copine, au Complexe Desjardins. C’est presque laid comme endroit. Cela me rappelle toujours mes étés lorsque j’étais agent de sécurité pour les festivals, Jazz, Franco, Film du Monde. L’on discute tandis que tranquillement la fièvre jazz monte en moi. Ouais, je crois que ce va être un bon concert que je lui lance, sans avertissement. 19h, cap sur le Spectrum pour encore une fois, avoir un bon spot. Cette salle est grande malgré tout, pour le jazz, ce n’est pas l’endroit rêvé, mais il faut faire avec, aussi bien apprécier nos sièges. Il parle de fermer l’endroit. Mon opinion sur le sujet ? Si c’est pour moderniser l’endroit, bâtir une nouvelle salle, je suis d’accord. Si on ne remplace pas l’institution, et bien cela sera une grosse perte pour Montréal, vous pouvez me croire.

Une heure avant le spectacle, tranquille, nous allons être bien placé, à droite de la scène. Pour passer le temps, on joue au pendu : Microphone, Advisory, Buffer, Ideologie, Quarantième, voilà personne de blessé au final. Le concert va commencer, je frotte mes mains l’une contre l’autre, it’s jazz fever baby. Le Roy Hargrove Quintet c’est Dwayne Burno à la contrebasse, vraiment relax tout au long du concert, inébranlable, Willie Jones III à la batterie, qui s’en tire très bien, très intense dès la deuxième pièce, Justin Robinson au saxophone Alto, pas un virtuose mais un bon sideman, Ronnie Matthews au piano avec parfois des airs d’Horace Silver puis, bien sur, Roy Hargrove à la trompette, mixte de Dizzy et de Lee Morgan, en moins bon faut le dire.

Le quintet débute par une ballade question de poser l’atmosphère, puis à la fin enchaîne immédiatement la deuxième pièce qui elle débute avec des accents free, oh on explore, ça va vite j’aime ça, le batteur donne la cadence post-bop, la finale rappelle le début. Mmm, intéressant. Le concert prend alors sa vitesse de croisière, le up-tempo est de mise, Ray se défonce, tout en laissant la place à un très beau trio piano-contrebasse-batterie durant la troisième pièce qui me fait penser à Sitting on a dock of a bay version R’n’B. Une quatrième pièce du même genre bop, puis une balade splendide joué en solo par Roy magnifie l’espace le temps de 5 minutes. Il y a déjà une heure que le spectacle est débuté, Roy n’a pas parlé une seule fois encore, les pièces s’enchaînent sans qu’on n’en connaisse le titre. J’imagine que certaines sont tirées du dernier album, Nothing Serious sur Verve. En voilà une de saveur latine, les gens apprécient, comme chacune de celles jouées précédemment, l’on entend des sifflements pendant que le groupe assure sur scène. Roy présente le groupe, une 7e pièce joué complètement à 5 tout comme celle du rappelle qui suivra, c’est terminé.

Au total 1h40 de jeu quasi non stop. Des musiciens hautement professionnels, du jazz propre, en costar, du style milieu 60 avec une touche 90, du post-bop je dirais. La foule quitte après un standing bien mérité. Sans être un grand concert, je suis satisfait de ce que j’ai vue, j’ai frissonné à quelques reprises, ma copine est ravie. Elle apprécie la liberté que les musiciens ont pris, entremêlant l’impro libre, au thème, à l’impro plus stricte. Sans partition sur la scène, ils ont emmagasiné une bonne quantité d’information sans jamais laisser croire qu’ils jouaient le même concert que trois jours avant dans une autre ville. En quittant, on sert la main dudit leader, une poigné de main molle, pas très convaincante, il à l’air ailleurs, peut-être pas gelé mais ailleurs, thank you, good show, make me think a little bit of Lee Morgan, it was thrilling.

On repart sur Bleury vers le nord, en discutant du concert qu’on vient de voir de façon critique ou non, comme on le fait si souvent moi et elle. Ho! voilà le bus sur Ontario, je cours presque pour l’attraper. Bye, I love you, me dirige vers l’arrière du bus elle me salue du coin de la rue, she’s waving at me,  et dans ma tête résonne le son d’une trompette de feu, un peu comme Freddie Hubbard.

 

Deuxième set

Le jeudi, j’ai deux cours, Information Agency Management puis Intellectual Capital, sexy non ? En moi il y a toujours les notes du concert de la veille, un beat continue me transperce. Et ce soir, j’en aurais encore. Dans mon lecteur MP3 joue le dernier album de Chris Potter, Underground, je me mets dedans comme on dit, et plus la journée avance plus je semble excité, ça va être de la bombe. De retour à la maison j’attends celui qui m’accompagnera, mon coloc Pierre Luc, un musicien professeur de musique. Cependant, le voilà qui me téléphone : Ouais Max, je me décommande pour ce soir, demain il risque d’avoir tempête donc je vais rester ici chez Marie-Claude, c’est ok pour toi. Mmm, ouais pas de problème. Il va manquer un bon show, je dois me trouver quelqu’un au risque d’y aller seul, ce qui n’est pas très grave. Regarde sur MSN, pense à des amis, ho ma cousine, Salut Marie Pier, un concert de jazz ce soir tu es partante, parfait, oui, good ! 7h en avant du Spectrum. Pendant que je l’attends au chaud dans le lobby de la salle, je lis l’entrevue avec Arcade Fire dans le Voir. Quel bon groupe, vendredi mise en vente des billets pour leurs deux concerts du mois de mai, j’espère m’en procurer, ce que je ferai le lendemain, oh la la, ça va être l’enfer à l’aréna Maurice Richard.

La jeune fille qui remet les enveloppes est une ancienne collègue de classe de Cégep, au Conservatoire Lassalle. Salut, ça va, je t’ai reconnue hier, oui en forme. J’entre à l’intérieur prendre une table puis reviens chercher ma cousine qui arrive. On discute, achète une bière trop chère écoutant Miles Davis qui joue en arrière fond, Bitches Brew. La salle se remplie à moitié, il y a moins de gens que mercredi, on annonce le groupe, yes! Greg Taborn, Nate Smith, Adam Rogers, puis Chris Potter, sortent de la coulisse, s’installent, thank you, puis vlan, l’univers Potter se découvre. Les pièces du concert s’enchaîneront par deux, entrecoupé par un petit commentaire du leader. La plupart sont des nouvelles pièces sans titre, il y aura une reprise de Joni Mitchell puis de Radiohead, l’excellente Morning Bell au rappel. Globalement le concert me semble différent de celui auquel j’ai assisté cet été au Gèsu mettant en vedette le même groupe. L’intensité est palpable, les solos de Potter m’emporte tandis que Nate Smith joue avec le rythme tel un batteur rock.

Ce jazz mi-fusion mi-funky, mi In a Silent Way laisse beaucoup de place à l’improvisation, les pièces étant longue, entre 10 et 20 minutes parfois, du vrai bon jazz contemporain. À sa façon, Potter écrit l’histoire du nouveau jazz, c’est un maître. Rogers à la guitare n’est certes pas un génie mais il appuie bien le leader et il fera deux solos impressionnants. Taborn au clavier feutre l’ambiance nous rappelant Chick Corea en moins free. L’atmosphère est totalement différente que mercredi, les deux styles étant éloignés dans le spectre jazz. Reste que Potter connaît la recette du rythme et des mélodies savoureuses. Le publique apprécie, siffle, après chaque pièce on acclame le groupe qui se débrouille bien. L’on apprend aussi que ce dernier a enregistré pendant une semaine au Village Vanguard, donc un album live est à prévoir nous annonce Chris, yes, quelle bonne nouvelle.

Le concert se termine en beauté avec du Radiohead, je suis satisfait, mon coloc aurait du venir, tandis que ma cousine ne sait pas trop si elle a aimée. C’est normal, il est difficile d’apprécier ce genre musical dès la première écoute, surtout live lorsque le saxophone ténor se fait aller le plus fort possible. Pour ma part, si je compare le concert de juillet avec celui-ci, je crois avoir été plus emballé par le premier, étant donné mon excitation d’alors, la première fois vous savez ! Le deuxième fut plus long par contre, presque deux heures de jeux extended. Dois-je alors jouer le rôle du critique bitch, non je laisse cela aux autres. Moi je suis un amateur pure et simple qui s’emporte et qui préfère écrire des histoires plutôt que de jouer sur la pseudo objectivité journalistique. Le jazz, tu ressens ça avec tes trippes, ton corps, c’est physique, c’est un potentiel de libération. Et avec Potter on se sent libre comme avec Coltrane.

L’on quitte la salle, direction le Grimoire question de profiter des deux pintes à 6 dollars. Eh Max ! Quelqu’un m’accroche en sortant d’un restaurant. Salut Trahan, tu arrives d’où? Ho j’étais au Monument National, voir un concert Classique.- Pour Montréal Nouvelle Musique ?- Oui, et toi- J’étais au Spectrum, pour Chris Potter, Festival Montréal en Lumière. Puis je pense : quelle chance d’être dans cette ville dans la vingtaine, puis de profiter de tous ces concerts. Montréal est véritablement un carrefour culturel unique. J’aime bien cette ville en fait, j’y suis attaché depuis sept ans sans savoir si un jour je devrai la quitter, ce sera alors la fin d’une belle histoire, mais au moins je vais pouvoir dire que j’y aurais jazzé, et pas à peu près !

-Maxime Bouchard

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