"Not All that Jazz"

Compte-rendu – The Bad Plus

In Compte-rendu on 29 septembre 2011 at

Je suis là à travailler bien assis sur ma chaise puis je me dis, faudrait bien que j’écrive de quoi pour passer le temps. Travailler ce n’est pas assez et c’est même un peu plate. Et comme la vie est bien faite, j’ai un sujet sur lequel m’épancher pour quelques minutes. J’ai assisté à un concert ce samedi alors pourquoi ne pas en glisser mots ?

The Bad Plus, le 18 septembre 2010, l’Astral, 18h30…
par Maxime Bouchard de Jazz à crédit

 

C’est à l’Astral que ça se passait et le groupe était The Bad Plus. Bien que j’approuve le concept de cette salle, je trouve qu’elle manque de panache malgré tout. Je ne sais pas, il y a quelque chose qui cloche sans que je sois capable d’y mettre le doigt précisément. Les chaises, le bar, le prix des verres, la sorte de bière, les deux poutres cachant la vue, le son…On peut toutefois souligner le caractère de « proximité » que l’on y découvre. Les musiciens ne sont pas très loin de la foule et cela est déjà moins froid que les salles de plus grande capacité. C’est parce que dans ma tête l’Astral aurait du être un club de jazz, ce qui n’est pas le cas. C’est une salle de spectacle comme une autre, donc pas forcément imaginée comme une salle explicitement réservée au jazz…pour le meilleur et pour le pire. Je sais bien qu’une salle ne peut vivre exclusivement du jazz à Montréal.

Mais la musique dans tout ça ? Et bien de ce que j’ai entendu et vu lors du premier set donné par The Bad Plus (18h30, le groupe rejouait à 21h30) ce n’est que du positif ou presque. Pour ceux qui ne connaissent pas, The Bad Plus c’est un trio (Dave King à la batterie, Reid Anderson à la contrebasse et Ethan Iverson au piano.) Sans faire une biographie nous pouvons dire que le groupe fut formé au début des années 90 dans le Midwest américain. Dès son origine, le corpus du groupe fut axé autour de composition rock et pop (reprise d’ABBA, Nirvana, Blondie, etc.). Se dégagea alors un son associé à ces genres musicaux, bien évidemment. Il est donc facile d’apprécier The Bad Plus, selon moi. On ne parle pas ici d’un free-jazz éclaté ou d’un jazz trio alambiqué. C’est plutôt un power trio aux harmonies parfois accrocheuses et aux compositions relativement courtes, précises et souvent excitantes. Il y a une force dans ce trio c’est indéniable de même qu’une facette somme toute lyrique. On pense à Herbie Nichols, à Vince Guaraldi…

Je ne me souviens plus quand ni comment j’ai découvert ce groupe (leur premier album date de 2001, leur plus récent vient de paraître et pour la première fois il ne contient que des compositions originales). Quelqu’un a du me dire quelque part au début des années 2000, faut que tu écoutes ça !!!! (n’est-ce pas la meilleure façon d’obliger quelqu’un ? Heille tu connais pas ça le cave, y faut y faut que tu écoutes ça !!! Sinon tu seras out le reste de ta vie, tu vas manquer quelque chose man, you won’t know, you know…) Anyway,  je sais que j’ai tout de suite apprécié leur musique, sans toutefois devenir un fan fini.

Samedi soir dernier, le groupe s’est pointé sur scène timidement sans être présenté. On jasait puis hop voilà que ça commence. Ils ont débuté par du Stravinsky ! Car savez-vous, il a y une bonne touche de classicisme dans le jeu et la musique de The Bad Plus, notamment chez le pianiste Iverson. On pense à Debussy, à Chopin par moment. Plus tard dans le set on va reconnaître du Ornette Coleman, mais pour le reste nous aurons droit à des compositions de chaque membre du trio. Ça ira d’un long blues(la pièce Guilty de l’album These are the Vistas, pénible à débuter, mais qui finira par séduire) jusqu’au post-bop fiévreux en passant presque par le post-rock. On retrouvera aussi avec plaisir l’excellente pièce Thriftstore Jewelry de l’album Prog et le nouveau « hit » Never Stop du plus récent album.

Ce que je retiens au final c’est la cohésion du groupe, l’écoute et le plaisir évident que les musiciens dégagent à jouer ensemble. La plupart des titres sont joyeux, rapides, les crescendos et les relâchements s’intercalent tandis que l’improvisation demeure au service de la composition. En ce sens,  il n’y a pas tant de solo et le public doit souvent attendre la fin du morceau pour manifester sa joie et joie il y avait ! Au total avec le rappel ils jouèrent 10 titres, le plus vieux datant de 2003, pour 1h20 de concert.

Coté performance individuelle je crois que la clé du trio est le jeu presque sans faille du batteur Dave King. Son jeu est tout en retenu, sec, rapide, précis, beaucoup de notes courtes qui rebondissent. King sourit constamment, regarde ses acolytes, multiplie les petites combinaisons, il y a beaucoup de cymbale et de hi-hat, il dirige la rythmique parfaitement. Le contrebassiste Anderson s’avère quand à lui solide et bien présent. Le son de sa contrebasse est relativement plus élevé que pour un quatuor avec saxophone par exemple. Le groove est bon, simple, direct, fort, parfois proche de la basse électrique. Pour sa part, le pianiste Iverson est possiblement le plus romantique et lyrique du groupe. Bonne main droite très mélodique avec quelques touches percussives de la gauche. Ça glisse…Certes, les trois musiciens ne sont pas des virtuoses, la propension explosive du trio semble quelque peu étouffée, on sent que la force de frappe pourrait exulter davantage, mais là n’est pas l’objectif principal. Il est toujours facile de démontrer de la force au détriment des qualités harmoniques des pièces et d’une palette émotive plus large. Avec The Bad Plus en concert la formule est simple : jazz aux accents pop-rock avec touche de lyrisme post-romantique-percussif sous couvert de power trio…(je peux-tu écrire ça ?)

 

Addenda :

Au gars de l’éclairage…Ce n’est pas un show rock, pas besoin de nous montrer que tu as fait l’École du Show-Business, less is more ! La musique c’est déjà plein de couleur…

Le nouvel album de The Bad Plus, Never Stop est disponible depuis le 14 septembre sur E1 Entertainment et ça se prend très bien…

Le public était plus jeune qu’à l’habitude pour un spectacle de la série Jazz à l’année…bravo les jeunes!


The Bad Plus, présenté le 18 septembre 2010  à  l’Astral, 18h30…

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