"Not All that Jazz"

Compte-rendu – Vandermark 5

In Compte-rendu on 28 septembre 2011 at

« En raison de ses odeurs nauséabondes, une poulette est chassée de son poulailler. Son errance la conduit à une réception qui va bouleverser sa vie… Des collages mariant objets, matières textiles et peinture animent cette histoire déjantée qui évoque la naissance des balles de ping-pong. »

Ping Pong Poulette, Géraldine Elschner, Paris, L’Élan Vert, 2010.

Jazz Marathon – Jour 4
par Maxime Bouchard

Mon dieu, je dois être en manque d’inspiration, en manque de mots, de qualificatifs. Pourtant, je ne suis même pas à la moitié de ce jazz marathon, j’en ai jusqu’au 4 juillet. On se calme les nerfs. C’est peut-être que je suis trop enthousiaste, trop positif. On pourrait me dire, « ça manque de nuance tes affaires, ça va dans le même sens, tu es comme un fan du Canadien, obnubilé, ça toujours l’air bon ce que tu vas voir. » Ouais, mais qu’est-ce que vous voulez, je choisis les concerts que je vais couvrir bande de vous autres. Puis je ne suis pas un journaliste. Je suis un passionné de jazz. J’écris ces comptes-rendus en travaillant. Dans mes oreilles il y a le gazouillis de la savane africaine superposé à la voix très anglaise d’un descripteur de soccer. Je ne suis pas là pour vendre de la copie, ni pour augmenter le nombre de « hits » du site. Je suis là pour livrer mes impressions, alors voilà.

1-0 Nigéria ! Mauvais but, le gardien pas là pantoute, mauvaise anticipation…parfois les joueurs de soccer ont l’air de grands enfants.

Vandermark 5; Ken Vandermark (saxophone, clarinette), Fred Lonberg-Holm (violoncelle), Tim Daisy (batterie), Kent Kessler (contrebasse), Dave Rempis (saxophone).

Je ne me souviens plus très bien la première fois que j’ai entendu Vandermark 5. Cela doit faire 6-7 ans. Par contre, je me souviens très bien la fois où j’ai vu la formation venir présenter l’album A Discontinuous Line paru en 2006. J’étais allé manger un bon smoke-meat chez Schwartz avec mon cousin Dan. Puis nous avions marché sous la pluie vers la Sala Rossa, nous étions fébriles. Ce soir là, j’ai trippé solide, assis première rangée, j’ai acheté une affiche puis je l’ai fait signer par le leader. Tout ça pour dire que je suis un grand fan de Vandermark 5. Selon moi, il s’agit du meilleur quintet de la dernière décennie. Par sa structuration insolite, par la qualité de ses membres et la complexité de ses compositions, V5 est presque dans une classe à part.

GOALLLL, la Grèce au tableau, 1-1 !

Hier soir, le groupe venait présenter son dernier opus, Annular Gift. Nous avons eu droit à 9 pièces avec le rappel, la plupart tirées de cet album, plus une ou deux tirées d’albums plus vieux, dont l’excellente pièce Some Not All. Un concert de V5 nous fait oublier le temps. Le rythme est tellement rapide que l’on s’engouffre dans un espace temps où les notes et les accords rebondissent sans cesse d’un instrument à l’autre. Les piliers de l’ensemble sont certainement les deux saxophonistes. Ils hachurent les improvisations, ils développent une puissance rare que peu de musiciens sont capable d’atteindre. Ce sont eux qui vont transporter la foule et faire en sorte que les compositions atteignent des moments d’intensité brute. Ce que je préfère de V5 c’est la précision du jeu de groupe. On peut vraiment dire ici que le tout est plus grand que la somme des parties. Reste que les compositions donnent une bonne place à l’individu et à l’improvisation solo, en duo ou en trio. Il y a beaucoup d’effet de ricochet chez V5, des motifs s’insèrent ici, seront repris là, quelques petites notes de sax alto ici, réponse de sax ténor là. Le style est concis malgré les nombreuses variations rythmiques, cela est parfois plus rock, parfois plus jazz, la longueur des morceaux variant entre 10 et 15 minutes. Ils jouèrent aussi une jolie ballade et la longue exubérante pièce Spiel, en l’honneur de Bertolt Brecht et Kurt Weil.

Avec Vandermark, on se sent intelligent. La plupart des compositions sont dédiées à des artistes de tout acabit. Alors on peut se dire, « ah ouais, je le connais lui, je la connais elle », si il aime ça et moi aussi, donc…vous voyez le genre…Il faut aussi noter la capacité des compositions à rester dans la tête. Ce qui est bon signe dans ce cas. Sans avoir réécouté Annular Gift avant le concert, je connaissais les pièces, reconnaissais les brisures, appréhendais les changements. Même aujourd’hui, je fredonne encore quelques catchy phrases.

GOALLLL, la Grèce en avance, 2-1 !

Du négatif ? Oui il y en a. J’ai trouvé Vandermark un peu fatigué. Il semblait déjà ailleurs, dans le camion vers Toronto où leur tournée se poursuit. Je n’ai pas senti le même dévouement que dans le concert de Frame Quartet, concert que j’ai préféré à celui de V5. Je ne sais pas, question d’ambiance sans doute, effet de salle, de proximité. N’en demeure pas moins qu’il y a eu ovation debout, le sourire accroché aux lèvres des spectateurs. Même qu’à la maison, en enlevant mes verres de contact, je tapais toujours du pied sur le rythme de Tim Daisy, le support de Dave Rempis et les mélodies de Ken,  telle mélopée vers Diane.

Bon, une tite partie de ping-pong ma poulette ?

Vandermark 5; Ken Vandermark (saxophone, clarinette), Fred Lonberg-Holm (violoncelle), Tim Daisy (batterie), Kent Kessler (contrebasse), Dave Rempis (saxophone).
Sala Rossa, 16 juin 2010, dans le cadre du Suoni Per Il Popolo.

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